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Réforme des rythmes scolaires : L’enfant morcelé !

By Corinne DAVID | décembre 19, 2012

Seuls les enseignants semblent concernés par la réforme des rythmes scolaires alors que c’est la journée de l’enfant qui va changer et avec elle, celle de tous ceux qui interviennent auprès de lui  ( animateurs, ATSEM etc…).

Alors que le ministre de l’Education nationale Vincent Peillon bataille depuis le 12 novembre avec les syndicats enseignants pour mettre en place sa réforme des rythmes scolaires qui doit entrer en application progressivement à partir de la rentrée 2013, les élus locaux s’émeuvent de la nouvelle responsabilité qui leur échoira.

Les attendus de la réforme avaient pourtant fait consensus cet été. Dans l’intérêt de l’enfant (certains disent l’élève) tous s’étaient accordés sur la nécessité d’une journée d’école plus courte, d’une semaine continue et d’une année scolaire plus équilibrée – le tout pour favoriser les apprentissages. Fort bien.

Arrivés au stade de la mise en œuvre,  il n’en va plus de même. Si le ministre a confirmé que l’école ne libèrerait les enfants qu’à 16h30 comme aujourd’hui et qu’ils auraient classe désormais durant trois heures le mercredi matin, pour le reste le plus grand flou subsiste.

On apprend finalement que la journée scolaire proprement dite ne serait raccourcie que de 45 minutes.  Elle s’achèvera à 15h45. Il faut être clairs, l’intérêt de l’élève  l’enfant n’a plus rien à y voir. Il s’agit ni plus ni moins que de la traduction comptable de l’intérêt bien compris (par leurs organisations syndicales) des enseignants auxquels on demandera 3 heures de présence le mercredi matin en échange de 4 fois 45 minutes les autres jours.

C’est que les enseignants, un temps sollicités pour prendre en charge les élèves enfants durant ces 45 minutes mais sans être rétribués davantage ont crié au loup

Les élus locaux à leur tour qui n’admettent pas que s’impose une nouvelle fois à eux, le financement de mesures décidées par l’État lequel, dans le même temps, pointe du doigt l’inflation de leurs effectifs et de leurs budgets sont montés au créneau obtenant, à l’occcasion du salon des maires, un étalement de la réforme jusqu’en 2014 et, pour les plus volontaristes, une participation financière de l’Etat à la mise en œuvre des activités péri-scolaires.

Car les territoriaux (qui n’ont évidemment pas leur mot à dire dans l’opération) – notamment ceux qui ont à faire avec des élèves enfants – les personnels d’animation par exemple, pourraient faire valoir que 45 minutes pour mettre en place et mener une vraie activité, installation,déplacements, rangement inclus, outre des locaux adaptés, du matériel en conséquence, des personnels formés, nécessite également du TEMPS ! Les personnels des filières sportives et culturelles peuvent en dire autant.

D’autant que tous ces personnels seront amenés à intervenir selon des modalités propres à l’intervention en milieu scolaire fort éloignées des normes d’encadrement d’un centre de loisirs et pour le coup, hors la présence des enseignants. Par là même, ce sont eux qui devront assurer l’interface entre l’école et les parents puisque les enseignants auront quitté la classe hormis peut-être ceux qui seraient rétribués par la collectivité pour assurer l’aide aux devoirs.

Et puis évidemment, personne ne s’est posé la question du mercredi après-midi où se concentreront les séances de KT, des clubs sportifs, de l’école de musique..  enfin, pour ceux qui peuvent et quelles conséquences sur l’emploi des animateurs ?

Oui les élèves enfants méritent bien que les adultes consentent des efforts pour leur rendre la vie plus vivable. Mais leur vie n’est pas que scolaire. D’où vient que les seuls professionnels consultés soient les enseignants ?

Propos d’ Olivier Mourot secrétaire général adjoint à la fédération CFDT

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