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Réforme des retraites : La CFDT s’oppose à tout bricolage paramétrique du mode de calcul

By Corinne DAVID | avril 26, 2010

Source : La Gazette des communes du | 23/04/2010 |

La Gazette a rencontré Brigitte Jumel, secrétaire générale de l’Union des fédérations de la fonction publique et assimilés (UFFA)- CFDT, dernier syndicat à être reçu le 22 avril 2010 par Eric Woerth et Georges Tron dans le cadre des concertations sur les retraites dans la fonction publique. Celle-ci s’oppose fermement à tout changement du mode de calcul et au recul de l’âge légal du départ en retraite qui doit rester, selon elle, un choix individuel.

Vous étiez le dernier syndicat à être reçu par Eric Woerth et Georges Tron le 22 avril. Y-a-t-il de nouveaux éléments de débat ?
Pour la première fois, le ministre du Travail a abordé l’éventualité de modifier la règle de calcul des six mois.  Sur ce point, les choses sont claires pour notre syndicat : on ne touche pas à la règle des six mois. Le délai de deux mois qui nous est imparti est beaucoup trop court pour toucher au mode de calcul des six mois. De manière plus générale, nous n’accepterons aucun bricolage paramétrique qui aboutirait à une baisse du niveau des pensions.
Nous serions enclin à nous pencher sur une modification du mode de calcul à la seule condition de prendre en compte tous les éléments. Cela nécessiterait une réflexion beaucoup plus longue que celle qui nous est offerte. D’ailleurs, je m’interroge : est-ce vraiment une réforme des retraites ou un simple toilettage ?

Dans ce cas, seriez-vous d’accord  pour reculer l’âge du départ à la retraite fixée à 60 ans ?
L’âge du départ à la retraite est une référence importante pour le salarié. C’est une fenêtre ouverte sur l’avenir. Pour l’UFFA-CFTD, l’âge du départ à la retraite doit rester un choix individuel. Modifier cet âge légal serait perçu de manière très négative.

Eric Woerth et Georges Tron vous ont proposé de traiter les thèmes déjà annoncés le 12 avril : pénibilité, emploi des séniors, spécificités de la fonction publique et gouvernance des régimes. L’UFFA-CFDT a-t-il déjà des positions arrêtées sur ces sujets ?
Sur le dossier de la pénibilité, les dernières mesures prises concernant les infirmières démontre que nous ne sommes pas d’accord. Une compensation financière n’a rien à voir avec la pénibilité. Nous proposons plutôt la mise en oeuvre d’une politique de santé au travail afin de rendre supportable ou d’amoindrir cette pénibilité. Nous proposons également une évolution des carrières qui permettrait des départs anticipés, du fait de la baisse de l’espérance de vie.

Nous voudrions aussi traiter des inégalités dans la fonction publique. Il faut savoir qu’en moyenne, dans la fonction publique territoriale, une pension de retraite est inférieure à 1.200 euros. Cela s’explique en partie par le fait qu’on recense 77% d’agents en catégorie C dans la FPT mais aussi par le fait que les pensions sont faibles.
La situation des femmes nous préoccupe également. Leur carrière sont incomplètes, elles occupent souvent des emplois pénibles.
Nous voudrions également aborder le cas des polypensionnés pour qu’ils n’héritent pas, comme c’est le cas actuellement, des désavantages des deux systèmes, privé et public.

Concernant l’emploi des séniors, il faudrait mettre en place une période de transition professionnelle avant la retraite. Ils pourraient, par exemple, accompagner les nouveaux salariés qui entrent dans le métier. Ce serait une sorte de transmission culturelle, de valeurs professionnelles.

Les projections financières du rapport du COR, publiées le 14 avril révèlent que le système des retraites par répartition court à sa perte s’il n’est pas réformé. Etes-vous d’accord avec ce constat ?
Il faut relativiser les chiffres. La moitié des besoins en financements annoncés dans le rapport du COR, entre 41 et 49 milliards d’euros,  sont liés à la crise.
L’UFFA-CFDT estime qu’il faudrait davantage taxer les revenus du patrimoine et les placements financiers.
Il faudrait par ailleurs anticiper le choc du papy-boom et pour ce faire, augmenter les ressources des fonds de réserve des retraites.
Mais concrètement, ce débat de même que celui concernant l’assiette de cotisation et les conditions de l’allongement de la cotisation sont des questions qui ne sont pas encore tranchées au sein de la fédération.
Notre congrès qui se déroule du 7 au 11 juin prochain devrait permettre d’apporter des réponses.

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