Articles récents

Catégories

Blogoliste


« | Main | »

Réforme des retraites : abandon de l’alignement public-privé, des réactions syndicales mesurées

By Corinne DAVID | septembre 1, 2013

http://www.toutsurlaretraite.com/images/stories/480_360/reforme-2013-retraites.jpg
.
Source : La gazette des communes
.
Certaines dispositions sur les retraites annoncées par le Premier ministre mardi 27 août satisfont les organisations syndicales – notamment le non-alignement du public sur le privé- mais pas toutes. La journée d’action interprofessionnelle prévue le 10 septembre est maintenue.
.
Reçues à Matignon en début de semaine, les organisations syndicales ont accueilli avec mesure la réforme des retraites présentée le 27 août par Jean-Marc Ayrault.
.
Première organisation syndicale consultée lundi 26 août, la CFDT a aussi été la première à réagir en estimant avoir obtenu des « mesures de justice». Laurent Berger, son premier secrétaire, s’est félicité de « la création d’un compte personnel pénibilité qui donnera des droits en matière de départ anticipé ou progressif à la retraite, ou encore de formation ou de reconversion ». Le futur barème devrait, selon lui, accorder une année de départ anticipé pour 10 ans d’exposition à la pénibilité.
.
Satisfactions A la CFTC, Philippe Louis, président de la confédération, s’est dit satisfait, dès leur annonce mardi soir, par Jean-Marc Ayrault, du maintien de l’âge légal de départ à 62 ans et des niveaux de pension et du fait que les salariés proches de la retraite ne verraient pas les règles bouger avant 2020. Son organisation ne s’opposera pas à l’accroissement de la durée de cotisation annoncée pour les générations suivantes.

 

L’Unsa se réjouit pour sa part de « la limite » de 43 ans fixée à l’allongement de la durée de cotisation et « note avec satisfaction que le gouvernement a refusé de stigmatiser les fonctionnaires ».
.
L’Union nationale des syndicats autonomes indique également que « plusieurs des annonces faites par le Premier ministre recoupent en totalité ou en partie les préoccupations portée par l’Unsa ». Elle cite notamment, les mesures sur « les temps partiels et les carrières longues », « les travaux pénibles, une avancée sociale considérable », et également l’apprentissage « mais il manque encore la prise en compte des périodes de stages en entreprise », estime-t-elle.
.
 Pas d’alignement public-privé Si les fonctionnaires voient leurs cotisations augmenter de 0,3 % dès 2017, comme les salariés du privé, ils échappent à l’alignement des régimes, évoqué à chaque réforme mais complexe à réaliser. La FSU, dans un communiqué daté du 27 août, « prend acte avec satisfaction du renoncement du gouvernement à aligner la fonction publique avec le secteur privé qui aurait conduit à dégrader le niveau de pensions des fonctionnaires ».
La prise en compte de l’apprentissage, la réduction des inégalités femmes-hommes par la forfaitisation des droits familiaux plaisent à cette fédération qui regrette cependant le maintien à 62 ans de l’âge de départ, l’allongement des durées de cotisations et l’absence de prise en compte des années d’études ou de contribution des revenus financiers.
.
Eric Aubin, membre de la direction de la CGT, a ainsi affirmé que « la CGT n’a pas été entendue par le gouvernement ». « Nous avions fait des propositions de réforme de fond avec des mesures de court terme et de long terme mais le Premier ministre a balayé d’un revers de main les propositions de la CGT ».
.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, a estimé pour sa part sur Europe 1 mardi 27 août que l’allongement de la durée de cotisation après 2020, « n’est pas un signe d’espoir pour les jeunes ». « Le Premier ministre a pris les chaussons de M. Fillon puisqu’il prolonge ce qu’avait fait M. Fillon en 2003, à une époque où il n’était pas d’accord ». « Personne ne peut garantir que cette réforme sera la der des der ».
.
Maintien de la manifestation du 10 septembre – La CGT, FO, Solidaires et la FSU maintiennent donc l’appel à une journée d’action interprofessionnelle le 10 septembre autour d’un mot d’ordre large, traduit à la CGT en « notre salaire, notre emploi, notre retraite, nos conditions de travail ! ».

Les grandes dates des retraites, de leur mise en place aux réformes

Le système de retraite français puise ses origines à la fin du 17e siècle, avec la création d’une retraite dans la marine royale, mais c’est à partir de 1945 qu’ont vraiment été posées les bases du système actuel par répartition, souvent réformé.

  • 1945 : Création du régime général de la Sécurité sociale, qui instaure des retraites financées par répartition. Certaines professions ne sont pas affiliées.
  • 1947 : Création de l’AGIRC (Association générale des institutions de retraite des cadres), système de retraite complémentaire obligatoire pour les cadres, géré paritairement et par répartition.
  • 1961 : Création de l’ARRCO (Association pour le régime complémentaire des salariés), retraite complémentaire obligatoire pour les non-cadres, sur le modèle de l’AGIRC.
  • 1982 : Abaissement de l’âge de la retraite à 60 ans pour ceux qui ont une carrière complète (37,5 années à ce moment).
  • 1993 : Réforme Balladur du régime général (salariés du privé):
  1. Calcul de la retraite basé sur les 25 meilleures années au lieu de 10 ;
  2. Augmentation progressive de la durée d’assurance pour une pension complète de 37,5 à 40 ans ;
  3. Création du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) pour financer notamment le minimum vieillesse ;
  4. Les retraites sont désormais revalorisées en fonction de l’inflation.
  • 1995 : Alain Juppé veut réformer les retraites des fonctionnaires et celles des régimes spéciaux, mais retire son projet après une vive contestation.
  • 2003 : Réforme Fillon:
  1. L’allongement de la durée d’assurance à 40 ans également pour la fonction publique et possibles allongements ultérieurs pour tous en fonction de la hausse de l’espérance de vie ;
  2. Instauration d’une « surcote » en cas de départ au-delà de 60 ans et d’un dispositif de retraite anticipée pour les salariés qui ont commencé à travailler tôt ;
  3. Instauration d’un régime facultatif de retraites par capitalisation pour les salariés du privé (PERP) et réaménagement des plans d’épargne salariale en plans retraite (PERCO).
  • 2007 : L’allongement de la durée de cotisation à 40 ans est étendu aux régimes spéciaux (SNCF, RATP, EDF, etc.), avec des contreparties salariales.
  • 2008 : Relèvement de la durée de cotisation pour une retraite complète à 41 ans, série de mesures pour favoriser l’emploi des seniors (amélioration de la surcote, libéralisation du cumul emploi-retraite, mise à la retraite d’office reportée à 70 ans, etc.)
  • 2010 : Recul progressif de l’âge minimum de départ de 60 à 62 ans et de 65 à 67 ans pour une pension sans décote, malgré des manifestations massives. Les salariés ayant commencé à travailler avant l’âge de 18 ans doivent également cotiser deux ans de plus pour pouvoir partir entre 56 et 60 ans.
  • 2012 : retour à la retraite à 60 ans pour les salariés ayant commencé à travailler à 18 ou 19 ans et ayant entre 41 et 41,5 ans de cotisations.

Les principaux points de la réforme

 Hausse des cotisations vieillesse acquittées par les salariés et les employeurs et allongement de la durée de cotisation, tels sont les deux principaux leviers retenus par le gouvernement pour maintenir le régime général des retraites à flot.
Des mesures spécifiques sont destinées aux jeunes, aux femmes et pour les carrières interrompues. Leur coût sera nul pour la Sécu à l’horizon 2020 car elles seront prises en charge par la solidarité nationale.

Financements pour assurer l’équilibre jusqu’en 2020

Financement pour assurer l’équilibre entre 2020 et 2040

Un « compte-temps » pénibilité

Fonctionnaires

Apprentis

Jeunes

Inégalités hommes-femmes

Carrières discontinues

Polypensionnés

Topics: Accueil, La CFDT, Nos salaires - notre pouvoir d'achat | Commentaires fermés sur Réforme des retraites : abandon de l’alignement public-privé, des réactions syndicales mesurées

Comments are closed.