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Les risques psychosociaux au travail varient selon le secteur d’activité, la qualification et le sexe

By Corinne DAVID | février 16, 2011

Les risques psychosociaux au travail (stress, dépression, violences…) varient suivant la qualification, le secteur d’activité mais aussi le sexe du salarié, selon une étude publiée par le ministère du Travail.

Cette étude sur les indicateurs de ces risques montre que les professions qualifiées sont plus confrontées à de fortes exigences au travail, les professions peu qualifiées étant plus touchées par le manque d’autonomie, de soutien ou de sécurité économique.

Elle démontre également que les femmes sont plus exposées que les hommes au manque de marge de manœuvre, de soutien social et de reconnaissance au travail.

Un rapport d’experts remis au gouvernement en octobre 2009 avait identifié une batterie provisoire de 40 indicateurs destinés à mieux cerner les risques psychosociaux.

Ces indicateurs, regroupés en six familles (exigences du travail, exigences émotionnelles, autonomie et marges de manoeuvre, rapports sociaux et relations de travail, conflits de valeur), font l’objet de cette étude de la Dares (ministère du Travail), qui dresse un tableau d’ensemble des risques psychosociaux à partir d’enquêtes statistiques existantes.

L’étude souligne que les exigences au travail (quantité de travail, pression temporelle, complexité du travail, difficultés de conciliation vie professionnelle et vie familiale) sont plus importantes pour les salariés qualifiés, même si les ouvriers sont plus contraints dans leur rythme de travail.

En 2007 par exemple, 23% des actifs occupés affirmaient qu’on leur demandait « toujours » ou « souvent » une quantité de travail excessive, les cadres et les professions intermédiaires se disant plus touchés que les ouvriers et employés.

A l’inverse, le manque de marge de manoeuvre et d’autonomie concerne en particulier les emplois d’exécution. En 2007, 20% des actifs occupés estimaient avoir « souvent » ou « toujours » très peu de liberté pour décider comment faire leur travail », et 38% disaient ne pas pouvoir interrompre momentanément leur travail quand ils le souhaitent. Ces chiffres montent à 29% et 46% pour les ouvriers.

De même, le manque de soutien et de reconnaissance au travail est le plus souvent ressenti par les femmes et les professions les moins qualifiées, note l’étude.

Les conflits de valeurs (entre les exigences du travail et les valeurs personnelles ou professionnelles) touchent quant à eux plus souvent les hommes, et plus souvent les personnels de l’administration. Les ouvriers et indépendants y sont plutôt moins exposés.

Les salariés de l’industrie et plus précisément les ouvriers sont plus particulièrement exposés au sentiment d’insécurité de l’emploi et du travail, qui touche en revanche moins le secteur de l’administration, de la santé et du social.

Enfin, les exigence émotionnelles (tensions avec le public, obligation de maîtriser ses émotions, etc.) concernent plus souvent les femmes, parce qu’elles sont « plus présentes chez les employés et les professions intermédiaires ainsi que dans des secteurs où l’activité se déroule en général au contact du public, comme l’éducation, la santé ou l’action sociale », explique l’étude.

Mais « à âge, secteur d’activité et catégories socioprofessionnelles identiques, ce sont en revanche les hommes qui sont les plus exposés aux tensions et agressions ».

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