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Crise financière, la CFDT interpelle le gouvernement et le patronat

By Corinne DAVID | octobre 22, 2008

Dérives du capitalisme, irresponsabilité des investisseurs, recherche de profits à court terme, aveuglement des autorités monétaires… C’est bien dans le déficit de régulation et de réglementation de la finance aux niveaux nationaux, européens, mondiaux qu’il faut chercher les causes de la crise. Ces causes n’exonèrent pas les responsables politiques. Leur aveuglement et leur incapacité à agir ont conduit pendant des années au gonflement de cette crise qui éclate aujourd’hui.

Après quelques tergiversations, les États européens, sous l’impulsion de la présidence française, ont réagi de manière concertée, ébauchant de fait une gouvernance économique des pays de la zone euro à travers un plan de sauvetage du système bancaire. L’urgence était d’éviter le naufrage de ce dernier.

L’Europe a aussi pesé de tout son poids pour imposer un sommet international afin d’envisager une refonte du système. En revanche, elle n’en est pas encore à décider des politiques de relance indispensables pour faire face au ralentissement économique de plus en plus perceptible.

Si le président de la République semble avoir pris la mesure des enjeux de la crise financière et agit positivement au niveau européen, le contraste est saisissant quant à la politique menée au plan national. Les réformes dont la France a besoin doivent être efficaces, équitables et comprises par tout le monde. Or, qu’il s’agisse de la fiscalité qui avantage les plus riches, de la défiscalisation des heures supplémentaires, de la remise en cause du temps de travail, du durcissement des conditions de départ pour les carrières longues, les réformes engagées sont inefficaces pour répondre à la situation de l’emploi. Elles aggravent les inégalités en matière de pouvoir d’achat. Elles menacent les conditions de travail.

La financiarisation de l’économie a impacté le fonctionnement des entreprises, faisant de la décision de l’actionnaire et de son exigence de forts rendements un véritable dictat. Les managers sont récompensés par des stock-options tandis que les salariés connaissent les réorganisations du travail et des entreprises et que les inégalités s’accroissent.

Ce n’est pas par la seule suppression des parachutes dorés que l’on va corriger ces dernières. L’État, par un changement de sa politique fiscale, a les moyens de redistribuer les richesses. Les entreprises, par le dialogue social, doivent prendre leurs responsabilités en matière d’emploi, de salaire, de réduction des inégalités. Ce dialogue social doit mettre les salariés au centre des préoccupations des entreprises. C’est en élevant les qualifications et en investissant dans la recherche et le développement que l’on garantira l’avenir des salariés et de leurs emplois.                                                                                    SYNDICALISME HEBDO cfdt 22/10/2008

 

Topics: Accueil, La CFDT, Nos salaires - notre pouvoir d'achat | No Comments »

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